Entre autres

L’utilisation de l’expression «entre autres» dans différents contextes.

L’expression entre autres (qui s’écrit sans apostrophe ni trait d’union) s’emploie quand on veut désigner tout particulièrement une personne ou une chose parmi d’autres; elle signifie justement « parmi d’autres, notamment, en particulier ». En principe, elle est en rapport avec un nom ou un pronom exprimé immédiatement avant ou après. Le fait de l’employer sans rapport direct avec un nom ou un pronom peut nuire à la clarté de l’énoncé.

Exemples :
Entre autres qualités, elle a fait preuve de conscience professionnelle et de ténacité.
Elle a fait preuve de qualités essentielles, entre autres la conscience professionnelle et la ténacité.
Elle a fait preuve, entre autres, de conscience professionnelle et de ténacité.

Référence

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Entre autres », Banque de dépannage linguistique.

Affaire

Les nombreuses utilisations du mot «affaire» et les anglicismes à éviter.

Le mot affaire est employé dans de multiples expressions et locutions. Lesquelles sont correctes? Quand doit-on le mettre au singulier et au pluriel? Cette capsule fait le point sur le sujet afin que vous puissiez l’écrire sans faute à tout coup!

 

Faire affaire et faire des affaires

Employé au pluriel, le nom affaires a entre autres le sens « activités commerciales, économiques ou financières »; c’est ce sens qu’on a dans les expressions gens d’affaires, chiffre d’affaires, voyage d’affaires, etc. On dira également faire des affaires ou faire affaire (au singulier, cette fois) avec quelqu’un ou quelque chose, avec le sens « traiter, conclure un marché ». Faire des affaires s’emploie aussi sans complément; cette expression signifie alors « faire du commerce, exercer une activité commerciale ».

Exemples :
Le ministère des Transports fait affaire avec la société Alpha pour l’entretien de certains bâtiments.
La Ville de Rosemère a fait des affaires avec cet entrepreneur pendant des années.
Il y a plus de 100 ans qu’ils font des affaires au Québec.

On entend parfois, peut-être sous l’influence de l’anglais to be in business, l’expression être en affaire(s), dans le sens de « faire carrière dans les affaires ». On évitera cet emploi en lui préférant l’expression être dans les affaires.

Exemples :
Je suis dans les affaires depuis dix ans. (et non : Je suis en affaire(s) depuis dix ans.)
Son père était un homme impitoyable en affaires, mais fidèle en amitié.

  

Avoir affaire et avoir à faire

On peut parfois hésiter entre les expressions avoir affaire et avoir à faire. Le nom affaire provient de l’expression à faire, c’est-à-dire « ce qui est à faire ». Notons que le nom affaire est au singulier. Le sens de cette expression est « se trouver en présence de quelqu’un, en rapport avec quelqu’un ».

Exemples :
Dans ce métier, tu auras affaire à toutes sortes de personnes.
J’ai eu affaire à un homme de principes.
Ce n’est pas souvent qu’on a affaire à un connaisseur.
S’il continue, il aura affaire à moi.

Par ailleurs, suivi d’un complément direct, l’expression avoir à faire signifie « devoir s’acquitter d’une obligation ». On l’emploie parfois dans ce sens sans exprimer le complément.

Exemples :
Malgré sa situation particulière, il a à faire son travail comme tout le monde.
Ne m’attends pas, j’ai beaucoup à faire avant de quitter le bureau.

 

Heures d’affaires

L’expression heures d’affaires est un calque de l’anglais business hours. On utilisera en français heures d’ouverture. Dans le cas d’un bureau, on peut aussi employer l’expression heures de bureau ou encore heures d’accueil, si l’organisme dispose d’un bureau d’accueil.

Exemples fautifs :
Pour toute information requise en dehors des heures d’affaires, faites le 0.
Heures d’affaires : du lundi au samedi, de 9 h 30 à 17 h 30.

On écrira plutôt :
Pour toute information requise en dehors des heures de bureau, faites le 0.
Heures d’ouverture : du lundi au samedi, de 9 h 30 à 17 h 30.


Place d’affaires

L’expression place d’affaires est un calque de l’anglais business place que l’on doit remplacer par bureau, établissement, maison de commerce ou succursale, selon le contexte.

De même, au lieu de désigner par le terme principale place d’affaires le lieu dans lequel une société ou une association concentre ses activités juridiques, administratives et ses activités de direction, on emploiera le terme siège social (ou siège).

Exemples fautifs :
Une compagnie peut avoir des places d’affaires dans plusieurs grandes villes.
La direction a décidé d’ouvrir une nouvelle place d’affaires dans cette région.
La principale place d’affaires de cette entreprise est à Sainte-Anne-des-Plaines, mais elle a plusieurs succursales ailleurs.

On écrira plutôt :
Une compagnie peut avoir des établissements dans plusieurs grandes villes.
La direction a décidé d’ouvrir un nouveau bureau dans cette région.
Le siège social de cette entreprise est à Sainte-Anne-des-Plaines, mais elle a plusieurs succursales ailleurs.

 

Autres utilisations du mot affaire

Affaire (deal) : marché conclu ou à conclure avec quelqu’un. L’expression it’s a deal équivaut à marché conclu.

Affaire lucrative (moneymaker) : activité ou produit qui génère beaucoup de profits. Synonyme : activité lucrative.

Affaires : sert à la dénomination de ministères spécialisés dans certains secteurs (affaires étrangères, affaires culturelles, affaires sociales).

Affaires (business) : ensemble cohérent d’activités industrielles, agricoles, commerciales ou financières qui sont assumées par une personne physique ou morale pour son propre compte ou pour le compte d’autrui. Dans une entreprise, les affaires se traduisent par des opérations de vente dont la valeur cumulée sur une certaine période représente le chiffre d’affaires.

Affaires au comptant (cash transactions) : opérations effectuées en argent comptant, par chèque ou par carte de débit.

Affaires générales (corporate affairs) : ensemble des opérations financières, commerciales ou industrielles et des services communs qui relèvent de l’administration centrale d’un organisme, d’une société ou d’une entreprise et qui s’appliquent à toute l’organisation. Synonymes : affaires de la société ou affaires de l’entreprise. L’expression affaires corporatives est un calque de l’anglais corporate affairs. En français, l’adjectif corporatif qualifie essentiellement ce qui a trait à une corporation (groupement corporatif, système corporatif) et à l’esprit de corps qui anime une association professionnelle (esprit corporatif).

Homme d’affaires ou Femme d’affaires : personne qui dirige une entreprise commerciale ou qui participe à sa gestion. Synonymes : entrepreneur, chef d’entreprise, dirigeant d’entreprise, gens d’affaires (collectivité d’hommes et de femmes d’affaires).

Carte professionnelle (business card) : petite carte rectangulaire sur laquelle sont imprimés divers renseignements personnels d’ordre professionnel.

Même si ce type de carte s’utilise dans le monde des affaires ou de l’entreprise en général, on doit éviter de la désigner par carte d’affaires, calque de l’anglais business card. D’ailleurs, cette expression ne rend pas compte de toutes les possibilités d’usage de la carte, qui est aussi utilisée dans l’Administration. Par ailleurs, on doit distinguer la carte professionnelle de la carte de visite; cette dernière peut présenter des renseignements d’ordre personnel et privé (et non seulement d’ordre professionnel). La forme abrégée carte, tout comme l’anglais card, peut s’employer lorsque le contexte est suffisamment explicite.

Référence

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Faire affaire et faire des affaires », Banque de dépannage linguistique.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Avoir affaire et avoir à faire », Banque de dépannage linguistique.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Heures d’affaires », Banque de dépannage linguistique.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Place d’affaires », Banque de dépannage linguistique.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Affaire », Grand dictionnaire terminologique.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Affaire lucrative », Grand dictionnaire terminologique.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Affaires », Grand dictionnaire terminologique.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Affaires », Grand dictionnaire terminologique.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Opération au comptant », Grand dictionnaire terminologique.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Affaires générales », Grand dictionnaire terminologique.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Dirigeant d’entreprise », Grand dictionnaire terminologique.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Carte professionnelle », Grand dictionnaire terminologique.

Tout

Les définitions, les usages et l’accord du mot «tout».

Le mot tout peut être variable ou invariable, selon sa nature et son sens.

Déterminant

Tout est déterminant indéfini lorsqu’il accompagne un nom. Il varie alors en genre et en nombre et s’accorde avec le nom qu’il détermine. Tout peut alors avoir différents sens. Au singulier, il signifie « chaque, n’importe quel »; aucun autre déterminant n’est alors placé devant le nom que tout détermine. Au pluriel, il signifie « sans exception » ou, dans certains emplois, exprime la périodicité; il peut alors y avoir un autre déterminant entre tous (ou toutes) et le nom.

Exemples :
Tous les dossiers seront classés.
Toute lettre, toute note et tout compte-rendu devront être signés.
Ce film s’adresse à un public de tout âge. (ou : de tous âges) 

La plupart des expressions et locutions formées avec tout s’écrivent au singulier. Tout y a le sens de « n’importe quel ».

Exemples :
en tout cas
à tout prix
à tout propos
de toute façon
à toute heure 

Certaines expressions et locutions s’écrivent avec tous ou toutes, dans le sens de « tous les, toutes les ».

Exemples :
de tous côtés
à tous égards
en toutes lettres
toutes proportions gardées 

D’autres expressions et locutions peuvent s’écrire au singulier ou au pluriel, selon le sens que l’on donne à tout.

Exemples :
en tout genre, en tous genres
à tout moment, à tous moments
de toute sorte, de toutes sortes

 

Adverbe

Tout est adverbe lorsqu’il accompagne un adjectif, un autre adverbe ou encore un nom employé adjectivement. De façon générale, tout demeure alors invariable.

Lorsque le mot tout, adverbe, modifie un adjectif (ou un participe passé), il signifie « tout à fait, complètement, entièrement ». Dans ce cas, tout est invariable lorsqu’il précède un adjectif masculin, un adjectif féminin commençant par une voyelle et un adjectif féminin commençant par un muet.

Exemples :
Thomas et Daniel étaient tout contents de la venue de leur amie Claudine.
Francine est tout intriguée par la réaction de son mari.
Elle était tout heureuse d’apprendre la nouvelle. (h muet) 

Cependant, lorsqu’il est suivi d’un adjectif (ou d’un participe passé) féminin qui commence par une consonne ou un h aspiré, l’adverbe tout s’accorde en genre et en nombre avec ce mot pour des raisons d’euphonie.

Exemples :
Sophie était toute surprise d’être acceptée dans ce programme.
Elles préfèrent organiser le mariage toutes seules.
La bête s’est arrêtée, toute haletante. (h aspiré)
Elles sont toutes honteuses. (h aspiré)

Tout, comme adverbe, peut aussi accompagner un autre adverbe. Il signifie alors « très ».

Exemples :
Rachel habite tout près de la gare.
Elle agit tout autrement avec lui.

Toujours employé comme adverbe, tout peut également qualifier un nom. Dans certains emplois, le nom tient lieu d’adjectif en exprimant une qualité portée à un haut degré; tout signifie alors « entièrement », « tout à fait ». Les règles d’accord présentées pour tout accompagnant un adjectif s’appliquent.

Exemples :
Maryse est toute loyauté et toute franchise.
Jacques est tout feu, tout flamme lorsqu’il parle de cinéma.

L’adverbe tout peut aussi accompagner un groupe en + nom (en boisen fleurs, etc.) qui a la valeur d’un adjectif. Tout est alors généralement invariable. Il signifie « entièrement ». Certains grammairiens toutefois présentent comme possible l’accord de tout lorsque l’expression qualifie un nom féminin singulier.

Exemple :
Yvon s’est acheté des bas tout en laine pour l’hiver.

Pronom

Tout est un pronom indéfini lorsqu’il exprime une totalité, un ensemble d’êtres (personnes ou choses) déjà évoqués ou non. Employé comme pronom invariable, tout désigne un ensemble de choses; il s’emploie habituellement sans antécédent. Les formes tous (on prononce le s final) et toutes, au contraire, reprennent généralement un nom qui figure dans le contexte, d’où la variation en genre et en nombre avec cet antécédent.

Exemples :
Il avait tellement faim qu’il a tout mangé.
Elle a vendu tout ce qu’elle avait et elle est partie faire le tour du monde.

 

Nom

Le mot tout peut aussi être un nom masculin qui s’écrit touts au pluriel.

Exemples :
Nous prendrons le tout.
Ces lots forment des touts bien distincts.

 

Adjectif ou adverbe

Dans les noms et les adjectifs composés qui commencent par l’élément tout, celui-ci est soit adverbe, et il reste invariable ou varie suivant la règle générale, soit adjectif, et il varie.

Exemples :
les tout-petits
des autorités toutes-puissantes
des véhicules tout-terrain ou tout-terrains ou tous-terrains

 

Tout autre

Dans tout autre, le mot tout est variable dans certains cas et invariable dans d’autres. En fait, la variabilité de tout dépend de sa nature : s’il est déterminant indéfini, il est variable; s’il est adverbe, il est invariable.

Lorsque tout signifie « n’importe quel » et se rapporte à un nom, il est adjectif et donc variable. Dans ce cas, le nom qui suit tout autre pourrait s’intercaler entre tout et autre : c’est un moyen commode de reconnaître que tout est adjectif.

Exemples :
Toute autre idée est bienvenue. (c’est-à-dire : Toute idée autre…)
Je demeure à votre disposition pour vous fournir tout autre renseignement utile. (c’est-à-dire : tout renseignement utile autre)
Nous pouvons parler de toute autre chose que du travail. (c’est-à-dire : de toute chose autre…)
Toute autre personne que mon frère aurait compris ma réaction. (c’est-à-dire : Toute personne autre…)

L’usage veut qu’on emploie tout autre au singulier. Bien que les formes plurielles tous autres et toutes autres soient possibles, elles sont peu fréquentes. On les rencontre notamment dans la langue juridique. Le pluriel peut en outre apporter une légère nuance, soit pour faire référence à la totalité des éléments d’un ensemble donné.

Exemples :
Tous autres frais facturés indûment seront remboursés aux requérants.
Les plaignants et toutes autres personnes ayant subi un préjudice dans l’affaire précitée peuvent envisager un recours.

Lorsque tout signifie « tout à fait », il est adverbe et donc invariable. Dans ce cas, tout ne peut être séparé d’autre; tout autre signifie alors « complètement différent ». Tout est adverbe notamment lorsqu’il suit un déterminant indéfini (un tout autre) et lorsqu’un déterminant indéfini s’intercale entre tout et autre (tout un autre).

Exemples :
Une tout autre possibilité nous est offerte. (c’est-à-dire : une possibilité tout à fait autre)
Il s’agit de tout autre chose. (c’est-à-dire : d’une chose complètement différente)

Référence

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Tout déterminant », Banque de dépannage linguistique.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Tout adverbe », Banque de dépannage linguistique.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Tout pronom », Banque de dépannage linguistique.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Tout autre », Banque de dépannage linguistique.

La perluète (&)

L’emploi de ce symbole dans la langue française.

La perluète, que l’on nomme également perluette, esperluette, esperluète, éperluète, éperluette, ou encore et commercial, est un signe typographique qui représente la conjonction de coordination et.

Jusqu’au XIXe siècle, la perluète était d’un usage beaucoup plus répandu qu’aujourd’hui. Au Moyen Âge, elle était parfois utilisée comme abréviation de la finale -et de certains mots. En enseignement, on trouvait également ce signe à la fin de l’alphabet, où il était considéré comme une lettre nommée ète. Enfin, ce signe était abondamment employé par les premiers imprimeurs à la place de la conjonction et.

Aujourd’hui, l’usage de la perluète est beaucoup plus restreint que par le passé. Ce signe est essentiellement employé dans les noms d’entreprises entre deux patronymes, prénoms ou initiales, ou dans des expressions telles que & Fils, & Frères, & Associés, & Cie. On doit éviter de l’utiliser pour joindre deux noms communs, qu’ils soient écrits ou non en majuscules.

Exemples :
Plomberie Simard & Fils
M. Giguère & Filles
Relations publiques et publicité Gagnon

Référence

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Perluète », Banque de dépannage linguistique.

Au niveau de

L’emploi abusif de la préposition «au niveau de».

L’expression au niveau de est devenue un cliché. L’emploi abusif de cette locution lui a fait perdre son sens premier : au niveau de implique avant tout, au propre comme au figuré, l’idée d’élévation, de hauteur, de rang, de comparaison. Cette expression signifie « à la hauteur de, à la portée de, sur la même ligne que ».

Exemples :
Le wagon se trouve au niveau du quai.
La porte s’ouvre au niveau du jardin.
Le professeur doit se mettre au niveau des élèves.
Cette décision a été prise au niveau de la direction.

Plusieurs emplois indus de cette expression empiètent en fait sur des emplois d’autres locutions : dans le domaine deen matière dedu point de vue desur le plan deau sujet depour ce qui est de, etc.

Exemples :
La doyenne a prévu de nouveaux programmes en matière de santé communautaire. (et non : au niveau de la santé communautaire)
Dans le domaine de la production agricole, les prévisions budgétaires sont encourageantes. (et non : au niveau de la production agricole)
Le talent de ce chercheur se manifeste surtout sur le plan de la synthèse. (et non : au niveau de la synthèse)

On peut aussi remplacer au niveau de par les prépositions àpourdanschez tout simplement.

Exemples :
Les conséquences du divorce sont désastreuses pour les enfants. (et non : au niveau des enfants)
Chez les fonctionnaires, la réaction a été vive. (et non : au niveau des fonctionnaires)
La réussite réside dans le travail acharné. (et non : au niveau du travail acharné)
Il vient de subir une opération au cœur. (et non : au niveau du cœur)

Référence

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Au niveau de », Banque de dépannage linguistique.

Internet, intranet et extranet

Les nuances entre ces trois termes informatiques.

Quelle est la différence entre ces termes? Prennent-ils la majuscule? Cette capsule répondra à ces questions et bien plus!

Internet

On rencontre le mot Internet, nom du « réseau des réseaux » informatique, employé avec ou sans article, et avec ou sans majuscule. À l’origine, la graphie avec majuscule s’est imposée pour souligner le caractère unique d’Internet. Mais Internet n’est pas considéré comme un nom de marque de commerce ni d’organisme. On le considère alors comme un nom propre (tout comme le nom Web, d’ailleurs).

Plus récemment, la graphie avec minuscule s’est répandue, signe que cet emprunt à l’anglais commence à s’intégrer à la langue française (on le traite comme un nom commun).

Actuellement, les deux graphies coexistent, que le terme soit utilisé seul ou en apposition (un site Internet). C’est une question de point de vue : si on considère Internet comme une réalité unique (nom propre), on choisit la majuscule; et si on considère Internet comme un média parmi d’autres, au même titre que la télévision, la radio, la presse écrite, on choisit la minuscule (nom commun). Mais, même si l’emploi de la minuscule est observé dans l’usage, il reste préférable d’écrire Internet avec une majuscule initiale, tout comme son abréviation Net. Notons que, lorsqu’il est utilisé en apposition, le terme Internet conserve la majuscule et reste invariable au pluriel (des protocoles Internet).

On ne met généralement pas d’article devant les noms propres, car ils n’ont pas à être déterminés. En ce sens, l’utilisation de l’article n’est pas nécessaire devant le mot Internet, qui est considéré comme un nom propre. Toutefois, sous l’influence de l’anglais, on rencontre de plus en plus l’article défini devant lnternet. On doit admettre cette pratique puisque Internet peut être considéré comme une forme abrégée du terme réseau Internet qui, lui, demande l’article. Cependant, même si l’article l’ est admis devant Internet, il reste préférable de ne pas mettre l’article devant ce nom. Notons que l’abréviation Net, elle, doit être précédée de l’article le.

Exemples :
Avez-vous consulté le Vocabulaire d’Internet?
Internet permet à chacun de se documenter.
Nous n’avons plus accès à ce site Internet.
Parmi les sites Internet, il y a les sites Web, les sites FTP et les sites Telnet.

Intranet et extranet

Les termes intranet et extranet, qui désignent des réseaux privés ou commerciaux à usage plus restreint, sont considérés comme des noms communs. Ils s’écrivent avec une minuscule initiale, prennent un s au pluriel et sont précédés d’un article. Lorsqu’ils sont employés en apposition avec un autre nom, ils sont généralement invariables; toutefois, on peut les considérer comme des adjectifs et les accorder en nombre.

Exemples :
Jeanne compte recenser les différents intranets linguistiques des ministères et organismes.
Les extranets constituent une façon intéressante d’en connaître davantage sur nos partenaires commerciaux.
Les sites intranet sont plutôt rares dans les petites entreprises. (ou : Les sites intranets sont plutôt rares dans les petites entreprises.)

 

Web

Le nom Web, qui désigne le système basé sur l’utilisation de l’hypertexte, permettant la recherche d’information dans Internet, l’accès à cette information et sa visualisation, a une valeur de nom propre, tout comme, justement, Internet. À l’origine, la graphie avec majuscule initiale s’est imposée pour souligner le caractère unique du Web. Cependant, dans l’usage actuel, on observe également l’emploi de la minuscule, web étant alors traité comme un nom commun; on considère dans ce cas que l’on se réfère à une ressource Internet parmi d’autres.

Même si les graphies Web et web coexistent en ce moment, l’utilisation de la majuscule initiale est encore privilégiée par l’Office, que Web soit employé seul ou en apposition.

Le nom Web est parfois juxtaposé à un autre nom, qu’il vient compléter comme le ferait un complément introduit par une préposition. Il signifie alors « sur le Web, dans le Web, du Web » et demeure invariable. Web n’est pas joint au nom qu’il complète par un trait d’union; une espace les sépare.

Exemples :
Louise a fait le graphisme de ces sites Web.
Jean travaille comme concepteur Web.

Référence

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Internet, intranet et extranet », Banque de dépannage linguistique.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Web », Banque de dépannage linguistique.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Web », Banque de dépannage linguistique.